Au soir du deuxième tour des élections cantonales, Claude Bartolone prend
une seconde claque. Au premier tour, celui qui a tout fait pour battre les
communistes sortants - tout en laissant la droite prospérer - a pu noter à son
grand dépit, que les électeurs ont confirmé les sortants communistes
(Saint-Denis, Saint-Ouen) voire ont préféré positionner en tête de scrutin, une
gauche de gauche, comme à Aubervilliers, à travers une candidature de large
rassemblement.
Après ses calculs, Claude BARTOLONE, aidé de son protégé Mathieu HANOTIN
(parachuté conseiller général du 93 juste après avoir franchi le périphérique)
s'est rendu compte que le seul moyen de garder une majorité au Conseil général
était de maintenir ses candidats flanqués PS/EELV partout où c'était possible,
y compris là où ses candidats sont arrivés derrière.
A partir de là, on a eu droit à des torchons de droite en guise de propagande.
Je vous laisse apprécier le niveau de l'argumentation ; " pour plus de propreté
et de sécurité à Saint-Denis". Comme si quelqu'un pouvait être contre et comme
si cela faisait partie des compétences du Département...
En ayant clairement axé leur communication contre la ville, avec plus de
virulence que ne l'a fait le candidat UMP au 1er tour, CLaude BARTOLONE a
franchi la ligne rose....
Pire, la droite la plus dure et le centre de droit ont appelé clairement à
voter pour la candidate PS/EELV entre les deux tours.
Houari GUERMAT et Sophie DURAND, deux personnalités politiques plutôt marquées
à droite voire centre droit, ont clairement appelé à voter pour cette même
candidate, en allant jusqu'à figurer sur un de leur tracts. Ces deux
personnalités ont d'ailleurs brillé par leur absence lors de la proclamation
des résultats, et n'ont pas pu savourer la victoire de leur seul raison de
vivre : tout sauf les communistes.
Les Dionysiens ont donc du choisir entre une gauche de gauche et une gauche
plus branchée sur le renoncement. Une gauche qui n'est plus fière de ses
valeurs et qui les a notamment sacrifiées sur l'autel de la lutte des
places...
Comme en 2008, les Dionysiens, fidèles à l'Histoire de leur ville, ont élu une
gauche populaire, solidaire, et radicalement disposée à peser sur la société
telle qu'elle est.
Ils ont rejeté une gauche de division, faite de calculs d'appareils, loin des préoccupation réelles des citoyens. Une candidature marketing qui visait à draguer sur le terrain communautaire.
Tout ceci, et cela a été dit à plusieurs reprises, va laisser des traces.
Les Dionysiens méritent mieux que ces pratiques éhontées et malhonnêtes qui
ne peuvent qu'alimenter la défiance envers la politique et maintenir une part
trop importante de la population dans l'abstention, à l'heure où la droite et
l'extrême droite menacent les droits fondamentaux de chacune et chacun.
